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PRESSE>Interview Des auteurs des livres

 Vous êtes, on le sait, l’auteur de Nissim Rosen, une oeuvre qui a marqué son temps, aujourd’hui sort en exclusivité un coffret de 4 livres, Pourquoi avoir choisi ces quatre là ?

La raison principale est qu’ils marquent une évolution de mon écriture et de mes pensées de manière évidente. Chacun d’eux correspond à des états. Finalement, dans ces 4 livres on y voit l’évolution de ma psychologie à travers les personnages, les circonstances. C’est cette raison qui m’a poussée à les réunir. Ils correspondaient à une chronologie qui je trouvais intéressante.

 

Pourtant vous en avez écrit beaucoup d’autres ?

Oui j’ai écrit quatre recueils de poésie ayant chacun un thème bien précis,comme la Chine par exemple ou encore les chants de la nuit. Un autre roman, Elsa Mann, qui a reçu deux distinctions, et bien entendu Beraber paru chez Hachette jeunesse qui lui a été lauréat du salon de la jeunesse à Paris. Pour le reste il m’est arrivé d’écrire en collaboration avec d’autres auteurs, en l’occurrence La terre est mon pays, une œuvre humaniste qui appelle à la réflexion et à l’action. Mon rôle dans cet ouvrage, a été précisément de faire le lien entre la pensée d’Albert Schweitzer (Prix Noble de la Paix) et de Pierre Teilhard de Chardin, un parallèle que j’ai fait dans un autre ouvrage collectif : «Le réenchantement du monde». Ces deux courants représentent d’ailleurs pour moi une autre vision du monde. En ce qui concerne Teillhard, ce grand scientifique a été une véritable source d’inspiration et ce pour l’intégralité de mon œuvre.


Pour La veilleuse de chagrin, d’où vous est venue cette idée de réunir deux personnages complètement opposés, et qui fera pourtant que l’un deviendra l’ange gardien de l’autre, le tout dans une atmosphère  «fantastique».

 L’idée même de cet ouvrage est née d’un prénom, Gordana, qui lui-même m’est parvenu dans des circonstances étranges. C’est un comte philosophique, une recherche de soi, une invitation à la réflexion et au sens de la vie



Que pensez-vous de la maladie et pour aller plus loin de la mort, qui sont d’ailleurs deux thèmes que vous abordez dans La veilleuse de chagrin ?

Demandez-moi plutôt ce que je pense de la vie. Comme je vous le disais, cette œuvre appelle à comprendre le sens de nos vies mais surtout celle de l’autre. La vie n’a d’intérêt que par par rapport à l’autre. Dans mes oeuvres, j’essaie de m’investir, «d’habiter» devrais-je dire un personnage souvent diamétralement opposé à ce que je suis. C’est une aventure passionnante faite de découvertes et de liberté, la mienne et celle des personnages. La maladie et la mort sont prétexte à l’introspection et à dire, à travers un récit, ce que je crois.

Dans Quand les chevaux du temps, recueil de nouvelles, vous abordez un thème récurent, la vie et le temps qui passe. Les souvenirs, les pensées décrites dans ces œuvres sont autobiographiques

Ce sont des choses que j’ai vécues mais que j’ai transposées. Je décris évidement des gens que j’ai rencontrés, des événements, des anecdotes aussi qui m’ont beaucoup amusées. Des étapes dans ma vie, des flashes.


Le temps qui passe vous fait-il peur ?

Non pas vraiment. Par contre j’éprouve souvent une certaine mélancolie à évoquer ceux et celles qui ont enchanté ma vie. Les autres je les oublie. Il me semble qu’ il est sain parfois de s’arrêter un instant, au prix de la nostalgie voire d’une certaine mélancolie et de se souvenir à défaut de ne pouvoir retenir le temps qui passe. Pour le reste je n’ai pas remords quand je pense à la vie, au plus des regrets.

Parlez nous un peu de Nissim Rosen, qui reste une œuvre compassionnelle à bien des égards

Le personnage de ce roman est la copie conforme d’un inconnu que le hasard a mis sur mon chemin, un jour dans un avion alors que je rentrais d’un voyage en Israël. J’ai encore cette image en mémoire, de ce petit bonhomme, vêtu chichement, l’image même du juif errant, l’homme rejeté par les autres, qui s’est assis à côté de moi. Et il s’est mis à me parler, encore et toujours, si bien qu’il commençait à m’agacer. Et puis soudain il a sorti un petit couteau et une pomme et il s’est mis à l’éplucher. Cette image m’a définitivement saisie. Il était l’exilé, le misérable que sa famille de Eretz Israël a fait dormir sous l’évier ! Il fallait que je rachète sa vie, que je lui donne la possibilité de revenir dignement dans son pays. Ce fut une extraordinaire aventure d’écriture. Un investissement total dans le judaïsme.

Entre résignation passé et espoir nouveau, Nissim Rosen est un hymne au retour aux racines mais surtout un livre qui nous invite à la réflexion intérieure.

[GIF] roederer1C’est un hymne au retour bien sûr pour cet homme qui a prié toute sa vie, lui l’étranger qui vient chez nous dans l’espoir de se faire une petite place. Mais c’est aussi un livre qui m’a fait un joli pied de nez dans le sens où je pensais écrire et aller dans la dérision pour finalement me retrouver dans la compassion. Pour le reste c’est une œuvre qui appelle à la beauté, dans le voyage, les peuplades… La rencontre de Marie par exemple est source de beauté.

 

Ton bonheur n’est pas le mien est la dernière de vos œuvres, encore une fois on y retrouve le thème du combat intérieur, des choix à faire, et de la réflexion…

Une œuvre que j’ai mis 20 ans à écrire, avec beaucoup de souffrance. A bien des égards cette histoire porte en elle beaucoup de ma propre vie, comme par exemple un père perdu dans mon enfance pour lequel j’avais beaucoup d’admiration, ou encore mon expérience des maisons de retraite. C’était un ouvrage délicat à écrire, une œuvre que j’ai bien du mal à relire encore aujourd’hui. Pour le reste, on retrouve effectivement ces thèmes que j’aborde toujours avec le plus de sincérité possible comme les choix que  l’on fait et qui peuvent être soit bénéfiques soit dévastateurs pour soi ou pour les autres. C’est aussi l’histoire de la femme d’action qui devient la femme en mouvement. L’apprentissage est douloureux. C’est un thème qui m’a passionnée.

 

Comment naît, chez vous, l’idée d’un nouveau roman ?

Il prend naissance bien souvent d’un trait psychologique, l’orgueil ou la vanité par exemple. Ensuite la plume et l’imagination font le reste. Il peut prendre vie aussi des rencontres que je fais ou mes propres expériences. En définitive, toutes ces sources d’inspiration m’arrivent inévitablement de la même façon. Elles me prennent par surprise s’accrochent à mon âme et deviennent une véritable obsession. A partir de là, la mécanique de l’écriture se met en route

Dès que vous vous mettez à l’œuvre, toutes les phases de l’intrigue sont-elles déjà en place dans votre esprit ou avancez-vous à l’aveuglette ?

Je n’avance jamais dans l’inconnu. Le schéma est déjà fait, et je sais exactement où je vais. Mais évidement, de temps en temps comme pour tout écrivain, je me laisse une liberté créatrice en permettant à mes personnages d’écrire leur propre destin.

Vous est-il déjà arrivé de jeter un manuscrit terminé à la corbeille ?

Je laisse dormir mais je ne les jette jamais, 20 ans après je suis étonnée de ce que j’ai écrit. Ces pages non publiées sont des amies et des témoins de la vie, de ma vie. Elles m’aident à progresser dans le style, dans l’analyse, à faire surgir des personnages qui seront peut-être ressuscités dans une autre oeuvre. Il y a une espèce de «vouloir vivre» que je ne sais pas détruire.

Les écrivains que vous lisez le plus volontiers en ce moment ?

Stéphane Zweig « Les derniers mois », Fréderic Lenoir, « Somment Jésus est devenu Dieu » ou encore Eric Emmanuel Schmidt « Le concerto pour pour un ange », « les recueils » de Robert Hugues Boulin, un grand poète qui vient de nous quitter. Pour le reste ma profession m’oblige à lire beaucoup. J’ai toujours sur mon bureau 4 ou 5 ouvrages à lire ou en lecture. C’est une heureuse mise en parallèle selon l’humeur, l’envie.

Que faites-vous lorsque vous n’écrivez pas ?

J’assume mes fonctions professionnelles qui exigent beaucoup de temps. Pour le reste j’aime recevoir mes ami(e)s, me promener en solitaire avec mon chien, jardiner (un peu), contempler.

 

Que feriez-vous si vous n’écriviez plus ?

Je fermerais les volets, l’écriture est un besoin, l’écriture m’apporte la vie.

 

Une dernière question pour finir, selon vous qu’est-ce qu’un bon livre ?

Celui que l’on referme avec regret. Celui où l’on a l’impression de quitter des amis, des personnages attachants, des ambiances bienfaisantes.






Dernière modification le 18/02/2012

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